CALIGULA / JE SUIS VIVANT

Note d’intention

Caligula est l’expression morbide de nos désirs les plus enfouis. Dans la pièce tous sont contaminés par cette envie d’impossible. Je veux explorer dans cette création cette pulsion qui est en nous, de voir la destruction à l’œuvre. Caligula nous fascine car il exprime un désir d’absolu qui nous parle tous. Nous vivons avec des désirs de destructions extrêmement fort. Notre monde contemporain est traversé par une violence inouïe : injustice sociale, cynisme des puissants, destruction écologique, moralismes affligeants, tension entre les religions, liberté d’expression menacé, mépris de classe, racisme, misogynie, appels à la haine, négationnisme… Face à cela, certains instaurent un code de bien-pensance, un code de conduite à adopter en toutes circonstances, en censurant des mots ou des personnes qui n’ont pas les mêmes idées qu’eux, de manière crétine et dogmatique, proche du stalinisme le plus insupportable. D’autres se réfugient dans la haine de l’autre, rampant vers le fascisme lentement et sûrement. D’autres en profitent, et font fleurir les haines pour leur profits personnels. D’autres ferment les yeux et attendent que ça passe… D’autres enfin veulent que cela cesse.

La colère est légitime. Vouloir renverser ce monde absurde, où le virtuel, l’apparence a pris le dessus, où le débat est impossible, où l’hypocrise est la norme, c’est légitime.

Alors Caligula renverse le monde, qui l’a bien mérité. Et quand plus rien n’aura de sens, sa démonstration sera complète. Je comprends son argumentaire. Il me paraît indispensable d’analyser son argumentaire, avant que cet argumentaire ne s’exprime dans vie réelle à coups de grenade et de cocktail Molotov.

Baptiste Dezerces, Metteur en scène