Au lendemain d’un conflit civil meurtrier, le jeune frère du roi, Richard, décide de prendre le pouvoir par la manipulation et le meurtre. Difforme et mal-aimé, il se persuade que sa seule place dans ce monde à présent en paix est d’être Le Méchant : Celui qui détruit, tue, trompe et assassine. Cette pièce, paradoxalement, témoigne d’une envie de reconstruction. Après une crise sanglante, tout le monde a envie de reconstruire, d’oublier les querelles intestines, d’aller de l’avant, d’y croire encore, même si le Roi Édouard est malade, que les nobles se jalousent, que la paix est construite sur du sang, tout le monde y croit, sauf Richard.
Alors, pour lui, c’est fini. L’horreur est allée trop loin, maintenant l’horreur ce sera lui. Il renvoie l’ascenseur, qu’il a rempli de toute les haines du monde. Pour lui tout est allé trop loin. Trop d’humiliation, subies et fantasmés, trop de défiance, trop de mensonges, d’hypocrisies, de trahisons, de complotismes, de non-changements, de promesses et d’espoirs déçues.
Empêcher le monde de se reconstruire, voilà son grand projet. Richard fait le mal car il pense que c’est l’activité qui lui correspond le mieux. C’est comme ça que la société le perçoit, alors, souffrant du rejet de cette société et incapable d’y participer, il décide d’accepter le rôle du Méchant.
Mais nous, pourquoi avoir une telle fascination à le voir manigancer les pires atrocités ?
Nous voulons prendre à bras le corps cette dualité contemporaine : nous craignons et condamnons la violence réelle, mais nous recherchons activement à nous confronter au morbide dès que nous le pouvons. Peut-être sommes-nous « un brin rassurés » quand nous pouvons ainsi titiller du doigt la mort ?
Télécharger LE DOSSIER DU SPECTACLE

L’équipe

























